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23.01.2014

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L'égalité et le développement durable: outils de lutte contre la pauvreté dans le monde

Même si la plupart des Etats ont une forte volonté de mettre fin à la pauvreté mondiale, nous savons qu'il reste encore de nombreuses mesures à prendre et à mettre en place pour atteindre cet objectif de manière efficace et durable.

D'ailleurs, la plupart des experts s'accordent sur le sujet; la résolution de la pauvreté dans le monde n'est pas uniquement liée à la croissance, bien que celle-ci reste essentielle dans ce domaine. Par exemple, nous savons que la Chine a été en mesure d’extraire plus de 600 millions de personnes hors de la pauvreté grâce à une croissance forte et ciblée. Cependant, cette croissance économique fut à l'origine d’une pollution massive du pays et contribua à d’importants changements climatiques. De plus, nous savons bien que les avantages de cette croissance ont été partagés à parts inégales au sein de la population; les femmes et les minorités sont souvent laissés de côté dans ce pays.

Par ailleurs, nous savons que les systèmes de transfert de fonds peuvent aider les populations les plus modestes à acheter de la nourriture, se procurer un logement décent ou tout simplement investir dans ce qu’elles pensent être rentable. Au Brésil, cependant, la distribution des aides financières destinées aux ménages reste tout de même soumise à quelques conditions. Ainsi, pour percevoir ces ressources financières les chefs de famille devront faire vacciner leurs enfants et les avoir inscrits dans des écoles.

En outre, nous savons aussi que ces aides financières sont généralement accordées aux femmes, celles-ci étant réputées pour avoir une meilleure gestion de l'argent au sein de la famille. De cette façon, la Bolsa Familia (un programme d’aide sociale mis en place par le gouvernement brésilien) a donné le pouvoir aux femmes en vue d’améliorer l'éducation et la santé, tout en réduisant le nombre de personnes considérées comme pauvres dans le pays.

La réduction de la pauvreté dans le monde peut également passer par le développement durable dans certains pays. Par exemple, le Costa Rica a révolutionné la conservation de la faune et de la flore en récompensant financièrement les habitants éco-responsables en statuant que ceux qui maintiennent les ressources naturelles doivent être dédommagés pour le faire. Dans ce contexte, les forêts couvrent aujourd'hui plus de 50% des terres du Costa Rica, contre 21% en 1980. Grâce à l'appui de l'Organisation des Nations Unies, plusieurs autres pays s'emploient à reproduire ce succès.

Un autre exemple réside dans le fait que les différentes réformes agricoles menées ces dernières années ont été capables de promouvoir la croissance et l'égalité au niveau mondial. En construisant des routes, en établissant des droits de propriété, en octroyant des prêts et en fournissant des systèmes d’irrigation et de meilleures semences, certains gouvernements comme la Chine ont ciblé la croissance au profit des agriculteurs les plus démunis, produisant ainsi des bénéfices à l'échelle nationale.

Il est important de se rappeler que près de 70% des agriculteurs dans le monde sont en réalité des femmes résidant en campagne et comptant sur de petites parcelles de terre, alors qu'aujourd'hui de nombreux programmes de soutien sont toujours destinés aux hommes. Dans ce contexte, l'Organisation des Nations Unies a estimé qu’en amenant les rendements des femmes agricultrices au niveau de ceux des hommes, on pourrait réduire le nombre de personnes souffrant de la faim de 100 millions.

Par ailleurs, nous savons que les programmes de microcrédit bien conçus, peuvent également générer des avantages environnementaux et sociaux. Créé à l'origine pour les femmes et les personnes exclues du système bancaire traditionnel, le microcrédit a permis de confirmer le potentiel des femmes à travers le monde, ce qui prouve bien que celles-ci peuvent être de très bons entrepreneurs si on leur en donne la chance. Par exemple, dans les montagnes du Vietnam, un programme de réduction de la pauvreté a révélé que les hommes étaient plus téméraires et plus ambitieux dans leurs investissements que les femmes, et a exigé le leadership féminin comme une condition du prêt.

Enfin, en ce qui concerne la question du développement durable, Solar Sister (une entreprise sociale qui offre aux femmes une formation et un soutien à la création de micro - entreprises solaires) en Afrique du Sud rurale a généré 46$ pour chaque dollar investi dans l'énergie solaire. Cela est particulièrement important lorsque l'on considère que 3 milliards de personnes dépendent encore du bois pour la cuisine ou le chauffage de leur logement.

En conclusion, nous pouvons dire que l'équilibre entre la croissance économique, l'égalité et la durabilité environnementale est non seulement possible mais surtout indispensable, car aucun pays ne peut atteindre son plein potentiel sans la moitié de ses effectifs et le talent créatif de ses habitants. Nous le savons bien, l'égalité des sexes dans la population active fait croître l'économie en augmentant la productivité et la capacité créative. Ainsi, même si aucun pays n'a encore atteint un niveau de développement durable satisfaisant, nous savons que certains d’entre eux progressent tout de même de façon encourageante. Le Brésil a réduit la pauvreté et les inégalités, tout en réduisant la déforestation de 80%. La croissance de l'Éthiopie a surtout profité aux personnes les plus démunies, et le pays vise à devenir une nation à revenu intermédiaire, sans augmenter ses émissions de carbone pour autant.

Sources :

The Guardian Poverty Matters Blog, Solar Sister, Syminvest

Tags : Microfinance, microcrédit, pauvreté, MicroWorld, Egalité, Développement durable, Chine, Costa Rica, ONU, Bolsa Familia, Solar Sister