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28.05.2014

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L’impact du microcrédit : nouvelles études

Depuis l’apparition du microcrédit, l’impact du microcrédit a sans cesse été questionné et remis en question par les différentes études menées. Le Prix Nobel de la Paix, Muhammad Yunus, reconnu comme le pionnier de la microfinance au Bangladesh, avait promis que le microcrédit mettrait fin à la pauvreté qui deviendrait alors un élément du passé, visible uniquement dans les musées.

Depuis, plusieurs études plus ou moins sérieuses n’avaient pas permis de mettre tout le monde d’accord sur le rôle avéré du microcrédit dans la diminution de la pauvreté.
Cependant, les retours d’expérience des utilisateurs et des acteurs du secteur ont permis de recueillir au fil des années des preuves afin de compléter les résultats des études préalablement menées.

Quelques recherches plus tard, une image plus nuancée a émergé, soutenant alors que l’accès à l’intermédiation financière aidait les familles pauvres dans les pays en développement à améliorer leurs conditions de vie.
Pour mieux comprendre l’impact de l’accès financier aux familles pauvres dans les pays en développement, il est important de se rendre compte qu’elles vivent et travaillent dans l’économie informelle ; non pas par choix, mais par nécessité.
Dans l’ensemble, que ces personnes soient jeunes ou âgées, elles sont considérées comme des « épargnants nets ». Les jeunes ont besoin de mettre de l’argent de côté pour investir, et les plus âgés consomment les économies qu’ils ont accumulées pendant leur vie de travail.

Ces ménages pauvres de l’économie informelle sont à la fois des petites entreprises qui investissent dans leur activité mais également des épargnants qui vont utiliser leur épargne dans la consommation. Ils ont donc besoin d’un éventail large et spécifique de services financiers.
Sans accès à ces services financiers formels, les ménages doivent compter sur des mécanismes d’épargne informels parfois peu fiables et coûteux.

En effet, l’accès à des services financiers formels permet de mieux gérer les flux de trésorerie, de régulariser la consommation et d’accumuler un fonds de roulement qui, tous trois, participent à l’amélioration du bien-être des ménages de façon durable.

La micro-assurance a aussi un rôle important à jouer car elle permet d’aider les ménages pauvres à faire face aux risques liés à leur activité et à gérer les situations de crise.
Parmi les produits de micro-assurance, la micro-assurance agricole semble avoir un impact fort sur l’activité agricole des micro-entrepreneurs mais aussi sur leur bien-être au quotidien.
En effet, des études ont montrées que ces produits d’assurance poussent les entrepreneurs agricoles à augmenter le rendement de leurs terres ce qui s’en suit par des revenus plus élevés, par moins de repas manqués et par moins de journées d’absence à l’école pour leurs enfants.

Ces études ont également montrées que les services financiers comme le microcrédit avaient également un impact positif sur l’économie locale. En effet, les zones couvertes par le déploiement des agences et services financiers ont permis de mettre en avant une amélioration de l’activité économique locale et des revenus.

Grâce à ces efforts, les décideurs nationaux et mondiaux adoptent de plus en plus l’inclusion financière comme un ingrédient important pour le progrès social et économique. D’ailleurs, le G20 a fait de l’inclusion financière, un des piliers de son planning de développement et de nombreux pays ont pris des engagements explicites pour développer l’inclusion financière.

Des études macro-économiques ont montrées que les économies avec une forte implémentation d’intermédiation financière ont tendance à croître plus rapidement et à réduire les inégalités de revenus. Cela explique pourquoi les dirigeants du G20 ont fait de l’inclusion financière une priorité du développement mondial.

De plus en plus d’exemples émergent sur la façon dont les services financiers appropriés peuvent contribuer à améliorer le bien-être des ménages et stimuler les petites activités rémunératrices.
Malgré cette vision beaucoup plus claire de l’impact de la microfinance sur les conditions de vies des populations pauvres et sur l’économie locale, le débat continue entre les partisans et les sceptiques.

Source : Huffington Post

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