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31.03.2014

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Micro-assurance : entre progrès et défis futurs

La micro-assurance peut-elle à la fois être un projet d’entreprise et à la fois apporter de la valeur à ses clients à faible revenu ?

C’est notamment à cette question, qu’a tenté de répondre Craig Churchill, chef du Fonds pour l’innovation en micro-assurance de l’OIT (l’Organisation Internationale du Travail) en étudiant la valeur croissante et la viabilité de ce mécanisme d’assurance destiné aux personnes à faible revenu.

La viabilité d’un produit de micro-assurance nécessite trois caractéristiques communes :
- acquérir et de conserver un grand nombre de clients
- gérer des coûts des sinistres
- repenser les processus d'assurance traditionnels

Revenons d’abord sur quelques chiffres clés de la micro-assurance dans le monde, ce mécanisme qui protège les personnes à bas revenu contre les risques liés à l’activité, la santé, le décès ou encore l’environnement.
On estime qu’actuellement environ 500 millions de personnes ont des produits de micro-assurance contre 78 millions en 2008.
En Asie, le nombre de personnes couvertes par ce type de produit a augmenté de 40% entre 2010 et 2012, tandis qu’en Afrique, il a augmenté de plus de 200% entre 2008 et 2012. On remarque donc une incroyable progression de la micro-assurance dans le monde et particulièrement en Afrique ces dernières années.

Les gouvernements des états voient de plus en plus la micro-assurance comme un mécanisme important pour fournir non seulement une protection en cas de catastrophe, mais également garantir une sécurité financière qui amènerait directement à réduire la pauvreté dans le monde, à augmenter la croissance économique ainsi qu’à améliorer l’accès aux soins de santé.

Certaines innovations technologiques ont permis également de couvrir une plus grande population en produits de micro-assurance dans le monde, ce qui a joué et joue encore aujourd’hui un rôle clé dans le développement de ce secteur.
Pour citer quelques exemples d’innovations en micro-assurance, il y a eu l’utilisation de l’imagerie satellitaire pour assurer le bétail au Kenya, l’établissement de systèmes de back-office sophistiqués pour traiter les demandes en micro-assurance santé en Inde ou encore l’utilisation des opérateurs de réseaux mobiles pour vendre des produits de micro-assurance particulièrement en Afrique où l’on compte 600 millions d’utilisateurs de téléphonie mobile.
Ces innovations données en exemple dans le paragraphe précédent ainsi que la recherche en micro-assurance ont permis d’aider les populations à faible revenu de faire face aux pertes subies et d’améliorer sur le long terme leur bien-être. Cela a permis par exemple à des agriculteurs au Kenya de faire face à la sécheresse et au Ghana à pousser les agriculteurs à investir dans une agriculture plus risquée mais plus productive car ils étaient couverts.

Malgré ces avancées, le secteur de la micro-assurance pose encore de nombreux défis à relever car dans beaucoup de régions du monde, des milliards de personnes n’ont toujours pas accès à une couverture d’assurance de base, certains même n’ont jamais connu l’assurance.

Pour arriver à couvrir 100 millions de personnes de plus avec des produits de micro-assurance, le Fonds pour l’innovation en micro-assurance de l’OIT entreprend pour une période de 5 ans un programme destiné à promouvoir la micro-assurance via des partenariats public-privé et d’autres innovations : "Nous croyons en la puissance de la micro-assurance pour changer la vie des gens, à protéger leur santé et leurs biens et de leur donner la tranquillité d'esprit d'investir pour l'avenir. Au cours des cinq prochaines années, nous ferons en sorte que la promesse de la micro-assurance se réalise pour des millions d'autres personnes dans le monde."

Source : Ilo.org

Tags : micro-assurance, Fonds pour l’innovation en micro-assurance, OIT, ILO, organisation internationale du travail, innovations technologiques, assurance, couverture, agriculture, Craig Churchill, MicroWorld