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13.08.2013

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Qu’est ce que l’outil de mesure MIMOSA ?

Parrainé par la Fondation PlaNet Finance, le MIMOSA présente un intérêt pour l’inclusion financière.

Lorsque vous entendez le mot « Mimosa » vous pensez très certainement à ces jolies fleurs jaunes très champêtres, n’est-ce pas ? Désormais le MIMOSA (The Microfinance Index of Market Outreach and Saturation) devient utile pour l’inclusion financière. Le MIMOSA est un moyen simple de connaître la capacité globale du marché de la microfinance.

Cet outil parrainé par la Fondation PlaNet Finance est un complément important à l’approche évoquée par Annette Krauss et ses collègues de l’Université de Zurich qui développèrent plusieurs indicateurs permettant de connaître la pénétration du marché de la microfinance. La principale différence entre les deux approches sont qu’elles fonctionnent à partir de points de départ tout à fait opposés.

L’équipe de Zurich estime que le marché potentiel du microcrédit dans un pays est déterminé selon les seuils de pauvreté nationaux, la taille des ménages ainsi que d’autres facteurs qu’ils comparent avec le nombre d’emprunteurs déclarés au Mix Market.

Cependant, comme tout modèle, celui-ci a des faiblesses, le plus important étant le nombre important d’hypothèses qu’il exige : Qui sont les clients de la microfinance dans le pays en question ? Sont-ils bien représentés selon les seuils nationaux ou internationaux de pauvreté ? Quel est le niveau de la demande pour les prêts auprès d’une certaine population ? Et enfin, quel est le niveau d’emprunts multiples dans le pays et dans quelle mesure cela fausse t-il les résultats ? Comme on peut le voir, la réponse à ces questions varie grandement d’un pays à l’autre, pouvant remettre en cause la validité du modèle.

En cela, MIMOSA prend un chemin différent en contournant toutes ces questions délicates. Afin d’estimer la pénétration du marché, ce modèle se base sur le Findex Mondial (projet fondé par l’association Bill & Melinda Gates afin de mesurer comment les habitants de 148 pays comprenant les pauvres, les femmes et les résidents puissent épargner, emprunter etc…). Le modèle qui en résulte utilise seulement trois indicateurs afin de calculer la demande de crédit :

  • L’IDH (L'Indice de Développement Humain)
  • L’épargne formelle (argent épargné auprès d'une institution financière dans l'année écoulée)
  • L’emprunt semi-formel (le prêt moyen réalisé auprès d'un prêteur privé dans l'année écoulée)


  • Le cœur de ce modèle est l’indice de développement humain (IDH). Un indicateur composite basé à la fois sur la force économique (PIB par habitant), l’espérance de vie et le niveau d’éducation. L’IDH est capable de rendre compte à la fois du niveau global du développement économique et de déterminer comment celui-ci est distribué au sein de la population. Cet indicateur apparaît alors comme un outil pertinent pour déterminer la pénétration du marché. En outre, la composante sur l’accès à l’éducation fournit un indicateur de la qualité de la gouvernance.

    Le deuxième indicateur de MIMOSA est le taux d’épargne formelle. Les pays ou les individus sont plus susceptibles d’épargner auprès des institutions financières ont tendance à avoir également des taux d’emprunts plus élevés. Les épargnants faisant de meilleurs emprunteurs le secteur financier apparaît alors plus équilibré et donc plus stable. Ainsi avec l’aide du MIMOSA, il est possible d’évaluer les pays ayant les taux d’épargne les plus élevés comme ayant les capacités de crédits les plus élevées.

    Enfin, l’emprunt semi-formel est un bon indicateur de la demande intrinsèque de crédit. Plusieurs sociétés montrent différentes prédisposition pour le crédit, surtout en dehors des liens familiaux, et parce que le marché de l’emprunt semi-formel évolue largement indépendamment des politiques gouvernementales et sont financés localement.
    Une fois la demande de crédit calculée en utilisant ces trois indicateurs, il s’agit de comparer la pénétration du crédit réel déclaré par Findex au niveau à celui prédit par le modèle auquel on applique un taux de pénétration, basé sur la différence entre les deux (cf. table 1).

    Ce tableau nous permet ainsi de remarquer que les catégories 2 et 3 semblent des marchés normalement fonctionnels. En revanche, la catégorie 1 dénote les pays dans lesquels le nombre d'institutions proposant des crédits semblent inférieures à la potentielle demande. Au contraire, la catégorie 5 montre les pays ou les taux d'utilisation du crédit sont le double des valeurs prédites, présentant alors un risque important.

    Bien que le modèle est simple et ne met pas l’accent sur la microfinance, de nombreux résultats semblent pourtant être très solides et plutôt bien alignés avec les taux de pénétration de la microfinance et les avis d’experts sur des pays préoccupants tels que le Cambodge, le Kirghizistan, la Mongolie et le Bangladesh (Tableau 2).

    Tableau 2 : Vue globale des scores Mimosa

    Cette carte montre les régions les plus développées en matière de microfinance. Par exemple, l'Amérique Latine, l'Europe de l'Est et l'Asie centrale représentent un modèle cohérent avec des régions plutôt bien desservies sur le marché de la microfinance.

    MIMOSA ne se limite cependant pas à la microfinance, il souligne également les pays ayant un usage important du crédit situés en dehors de l’étude tels que la Thaïlande et le Vietnam.

    Un second avantage de MIMOSA est qu’il permet d’identifier des pays à fort potentiel ou la demande pour le crédit n’existe pas ou peu. C’est le cas pour la majeure partie de l’Afrique et du Moyen-Orient, tout comme la Chine etc…

    Cependant comme tout modèle, MIMOSA a ses limites. Le plus important étant l’incapacité de MIMOSA de reconnaître les différences au sein d’un même pays. En effet, certaines villes ou régions peuvent être « volées » dans leur droit au crédit alors que le reste du pays reste largement desservi par les institutions financières.

    Toutefois, dans son état actuel, MIMOSA reste un outil important pour ralentir le flux du crédit vers des pays qui en ont trop et ainsi se concentrer vers ceux qui en ont trop peu.

    Source : CGAP, Rapport Planet Rating

    Mots clés : MIMOSA, PlaNet Finance, microfinance, microcrédit, MicroWorld