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14.01.2015

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Quel est le futur de la microfinance ?

Le secteur de la microfinance connaît une évolution rapide : l’offre continue de se développer avec un montant de 81,5 milliards de dollars de prêts octroyés au niveau mondial et une croissance de 5% du nombre de clients en 2012. Services, acteurs, régulation et innovations technologiques se transforment pour que la microfinance de demain reste une solution alternative à la bancarisation pour plus de 2,5 milliards de personnes encore exclues du système bancaire classique au niveau mondial. La bancarisation du secteur, le rôle croissant de nouveaux acteurs, l’élargissement des services offerts aux clients mais également l’importance du contrôle dans un secteur en maturation seront à n’en pas douter les grandes lignes de la microfinance dans la prochaine décennie.

L’inclusion financière dans 10 ans ?

Le secteur de la finance inclusive va continuer de se développer au-delà des institutions de microfinance traditionnelles.
De nouveaux acteurs comme les opérateurs de téléphonie mobile et les réseaux de distribution vont multiplier les offres de services et de produits financiers à moindre coût pour toucher les populations les plus pauvres et les plus isolées.
La banque à distance et les nouvelles technologies permettront également de commercialiser ces offres à grande échelle.
La réglementation sera davantage axée sur la protection des clients que sur les institutions, les processus ou les produits.
L’inclusion financière deviendra une réalité dans la plupart des régions qui en sont actuellement exclues, à l’exception de quelques localités très isolées.

Les changements structurels à prévoir

Les progrès technologiques seront à l’origine des principaux changements structurels du secteur.
La finance numérique et le mobile banking permettent d’ores et déjà à un nombre de personnes plus important que jamais d’accéder à des services et des produits financiers.

Grâce aux innovations technologiques, non seulement l’apport de services financiers est de plus en plus varié – proposant des crédits, des assurances ou des produits d’épargne – mais ces nouvelles infrastructures de paiement à bas coût rendent également d’autres services et équipements publics plus accessibles aux pauvres, comme les pompes à eau ou encore les lampes solaires.
Ce type d’innovation prendra son essor parallèlement à la généralisation des services de mobile banking dans les pays en développement.

Des acteurs de niche, tels que de petites institutions financières et des gestionnaires de réseaux d’agents, vont voir le jour et chercheront à se faire une place entre les grandes banques et les petits clients.
Des produits simples et facilement commercialisables seront nécessaires car les banques ne pourront pas former leurs agents, dispersés sur tout le territoire, aux spécificités de produits complexes.

Comment augmenter l’impact de la microfinance dans les régions pauvres ?

  • 1.    Mieux connaître les besoins des populations pauvres et étudier leurs préférences, leurs comportements financiers.
  • 2.    Traduire ces connaissances en des produits plus adaptés à leur différents besoins et plus abordables. Il faut également s’assurer que les services proposés aux plus pauvres leur permettent d’améliorer leurs conditions de vie.
  • 3.    Promouvoir la protection des clients au sein des institutions via une combinaison de produits d’assurance, d’épargne, de retraite ainsi que développer l’engagement envers les clients pour développer l’éducation financière.

Les changements dans le secteur de la microfinance seront portés par de nouveaux arrivants ou organisations visant spécifiquement les clients en dehors du segment des micro-entreprises.
L’arrivée de ces nouveaux acteurs se traduira sans doute par une clientèle plus large et diversifiée, comprenant les pauvres mais aussi les moins démunis qui sont tout de même financièrement exclus. Ces organisations fonctionneront avec des marges plus serrées que la plupart des IMF, mais devraient pouvoir s’en sortir grâce aux volumes plus élevés.

Ce processus prendra un certain temps, mais d’ici 2020, nous verrons certains de ces nouveaux acteurs financiers pousser les IMF à devenir compétitives ou à se spécialiser davantage dans le marché de niche des micro-prêts qu’elles maîtrisent parfaitement. Le résultat sera un marché plus sain et diversifié et, surtout, une plus grande inclusion financière.

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Sources : Baromètre de la Microfinance 2014