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23.07.2013

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PIERRE-CHARLES

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Les transferts de fonds internationaux et la banque à distance : les nouveaux modèles

Le CGAP ainsi que DalBerg Global Development Advisors viennent de terminer leur troisième étude sur les transferts de fonds internationaux. Découvrez comment en un an le paysage a évolué.

Le CGAP conjointement avec la firme DalBerg Global Development Advisors (cabinet stratégique) viennent de publier leur troisième rapport sur les transferts de fonds à l’international via les banques à distance (internet, banque mobile…).

Il est possible de consulter le rapport à cette adresse. Ainsi nous pouvons observer l’évolution du marché sur un an avec l’apparition de nouveaux concurrents et de nouveaux modèles sur le marché ainsi que connaître leur impact sur l’inclusion financière.

Lorsque l’on observe en détail les transferts de fonds réalisés en 2012, les perspectives étaient encourageantes et continuent de l’être en 2013 et ceci, malgré un nombre de difficultés importantes identifiées par les opérateurs et experts.

Aujourd’hui, l’industrie semble être attirée vers des transferts internationaux à plus grande échelle et vers plus de pays permettant aux populations les plus pauvres d'avoir accès au système bancaire.

Par exemple, le déploiement de l’envoi de fonds par l’intermédiaire d’un e-wallet (portefeuille électronique) a doublé par rapport à l’année dernière, passant de 15 déploiements en 2012 à 32 déploiements en 2013 (cf. tableau ci-dessous). Ces déploiements se sont développés grâce à des partenariats avec des intermédiaires clés tels que Western Union par exemple.

Cependant, malgré un nombre important d’implantations des services bancaires via les portefeuilles électroniques, le nombre de transactions via ces derniers reste relativement faible. Ceci s’explique par une variété de facteurs attractifs mais aussi rebutants. Parmi les facteurs rebutants, les expéditeurs sont souvent mal à l’aise avec l’utilisation des moyens numériques, ces derniers préférant souvent les moyens traditionnels.

Digicel, dans le Pacifique Sud a remarqué une augmentation des transactions de 40% en 2012 via ce système mais a reconnu les difficultés actuelles pour imposer ce type de transfert. Pour cela, ces derniers ont récemment investi dans des boutiques visant à faire connaître ce système et à atteindre plus de clients potentiels en communiquant sur leurs produits.

Malgré le fait que l’intégration du paiement par mobile reste discrète, un nombre important de nouveaux concurrents est apparu sur le marché, introduisant de nouveaux modèles (pas nécessairement sur mobile) sur le marché du transfert de fonds. Certains de ces modèles vont au-delà du modèle de « cash out » (retrait d’argent) et visent à restreindre les envois de fonds pour des usages particuliers tels que des cartes cadeaux dans un magasin spécifique comme avec Regalii en République Dominicaine par exemple, ou bien régler des factures comme le fait Willstream au Sénégal.

Un nouveau modèle est utilisé depuis peu pour les transferts en ligne : les réseaux sociaux. Dans ce domaine sont apparues des expéditeurs tels que Azimo ou FastaCash. Ces nouveaux modèles présentent des avantages non négligeables pour le client (facilité d’accès, d’utilisation etc…) d’autant que l’accès à internet se développe rapidement dans les pays en développement.

Pourtant, comme pour les cartes prépayées, un examen plus approfondi est nécessaire pour savoir comment ces nouveaux services peuvent permettre un accès plus large aux services financiers. Beaucoup de questions restent en suspens sur la façon dont ces modèles peuvent servir de ponts pour une plus grande inclusion financière au-delà de transferts de paiement moins coûteux et plus commodes.

Malgré leur volonté de vouloir réduire la pauvreté, ces transferts actuellement dédiés pour des cartes cadeaux ou pour payer des factures n’ouvrent pas la voie à d’autres services financiers pour ceux qui sont exclus du système bancaire.

C’est pourquoi il y a un an, le CGAP ainsi que DalBerg Global Development Advisors se sont interrogés :
« Les transferts de fonds internationaux via les banques mobiles permettent-ils l’accès à une gamme de service financiers pour les plus pauvres ? » Et la réponse résultant de l’étude 2013 reste : « Pas encore ».

Source : CGAP, Présentation slideshare par le CGAP

Tags : Services bancaires, banque mobile, transfert de fonds internationaux, microworld, cgap, DalBerg Global Development Advisors, portefeuille électronique